Message d’Axelle LEMAIRE à l’Open World Forum
31 oct. 2014
Chers ami-es,
Je regrette de ne pas être parmi vous aujourd’hui pour l’ouverture de cette édition 2014 de l’Open World Forum, je suis actuellement en réunion à l’Elysée avec le Président de la République pour aborder les questions de numérique pour l’éducation des enfants, et je devrai ensuite me rendre à l’Assemblée nationale pour expliquer le budget de mon ministère.
Depuis 2008, l’OWF s’est imposé comme un événement incontournable de la scène technologique. Le programme cette année en atteste une nouvelle fois, puisqu’il réunit un panel d’intervenants de très grande qualité et porte des sujets toujours en avance d’un temps sur la prise de conscience plus large des enjeux liés aux modèles d’ouverture. L’esprit qui anime la rencontre consiste toujours à allier le partage à la recherche de l’efficacité technique et économique.
A ce grand rendez-vous annuel se pressent tout à la fois des passionnés, des militants des différentes communautés engagées, des startups, grands groupes, universitaires, chercheurs et acteurs publics. Cette diversité des publics témoigne de la capacité des modèles d’ouverture à irriguer l’ensemble de la société.
Elle témoigne aussi de la diversité même de ces modèles : open source, logiciel libre, open content, open hardware, open data, open innovation. Je vois cette diversité comme une chance - nous devons, vous devez la préserver et la renforcer, car elle est un moteur des innovations de demain.
Vous savez que vous pouvez compter sur moi pour avancer aux côtés de tous les innovateurs-ouvreurs : les collectivités territoriales qui s’engagent avec détermination dans les données ouvertes, les acteurs de l’économie collaborative qui s’appuient sur les fondamentaux de l’ouverture et du partage pour inventer de nouveaux modèles de création de richesses, les makers pour qui l’ouverture est partie intégrante de leurs démarches de création, les chercheurs qui souhaitent faire vivre une science ouverte et collaborative, les entreprises pour qui la valeur n’est pas qu’affaire de profits mais aussi d’innovation partagée, les médiateurs qui ont recours au numérique comme outil d’inclusion et d’échanges.
Toutes celles et tous ceux pour qui, en résumé, le faire ne peut qu’être collectif, le « do, make and decide » doit être conjugué avec « contribute, open et share ». C’est une démarche que j’aimerais voir plus présente dans tous les canaux de la société, y compris dans le monde politique et ses méthodes décisionnelles : l’interaction, l’échange, la transparence, sont des valeurs que l’on retrouve dans les modèles qui vous inspirent et qui doivent aussi irriguer mon champ d’action. Qui sait, peut-être parviendrai-je à organiser une Maker Faire dans le palais même qui m’accueille en réunion en ce moment ! La notion de communs, qui d’ailleurs se rapproche de celle des biens publics universels que j’avais jadis découverts en droit international, est pour moi fondamentale. L’avènement de l’ère numérique nous oblige à repenser les modèles théoriques qui ont construit notre droit et j’essaie de m’y employer. Nous pourrions développer par exemple cette notion de bien commun des innovations technologiques en développant de nouvelles formes de licences de type « peer production » et « reciprocity » (usage libre et non commercial).
Vous êtes guidés par des aspirations supérieures, s'il vous plait restez inspirés et disruptifs ! Vous savez que le numérique n’est pas statique, que l’innovation n’est jamais achevée, alors expérimentez, explorez, collaborez, partagez vos briques et mélangez-les, additionnez-les pour créer de nouvelles innovations diffusables, réutilisables, augmentables. Votre devise défie la rationalité mathématique et pourtant s’impose à la réalité humaine et technologique : 1 + 1 font 3.
La France a la chance de disposer d’un tissu de startups et de PME innovantes et créatrices d’emplois qui maîtrisent les technologies du libre sous toutes ses formes. Nous aurions tort de nous priver de ces ressources, notamment pour avancer sur la route de notre indépendance technologique en matière numérique.
Vous êtes les piliers de la République numérique que j’appelle de mes vœux : une République numérique qui saurait rassembler et rassurer, qui dépasserait les frontières en fixant de nouveaux horizons partagés, qui ferait œuvrer, main dans la main, l’économie d’aujourd’hui et celle de demain, les grands et les petits, les individus et les collectifs. Aidez-moi à construire ce pays-là.
Merci de votre engagement. Je vous souhaite une bonne conférence et vous dis à bientôt.
Axelle LEMAIRE, Secrétaire d'État chargée du Numérique, auprès du ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique

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